Le PQ face aux attentes des syndicats après son arrivée au pouvoir

La présidente de la CSN espère un dialogue plus ouvert avec le nouveau gouvernement québécois. Elle attend notamment une décision sur la loi qui limite le droit de grève.

View of Château Frontenac and Quebec City skyline at sunset with people on a waterfront terrace. Clément Proust

L’arrivée du Parti québécois (PQ) au pouvoir ouvre, selon la présidente de la Confédération des syndicats nationaux (CSN), une possibilité de renouer le dialogue entre le gouvernement et les syndicats. Caroline Senneville dit avoir perçu une ouverture lors des contacts avec le PQ pendant la campagne, à la différence de l’attitude de la Coalition avenir Québec (CAQ), qui quitte le pouvoir.

La question dépasse les relations de travail: le gouvernement devra aussi répondre aux préoccupations syndicales sur les effectifs des services publics et le financement de l’éducation supérieure. Sur le terrain juridique, l’attention porte particulièrement sur la loi 14, qui restreint le droit de grève et dont la CSN conteste la constitutionnalité devant les tribunaux.

La loi 14 attend une décision du PQ

Sous son dernier mandat, la CAQ a fait adopter la loi 4, qui encadre la gouvernance et la transparence des syndicats, ainsi que la loi 14. Cette dernière permet notamment au ministre du Travail de soumettre certains conflits à l’arbitrage. Le PQ s’est engagé à ne pas mettre en place une contribution syndicale facultative prévue dans le cadre de la loi 4, une mesure que les syndicats jugent intrusive. Il n’a toutefois pas annoncé sa position sur la loi 14.

La CSN a porté cette loi devant les tribunaux. Senneville estime que le PQ devrait l’abroger avant qu’un jugement ne la déclare inconstitutionnelle. Cette issue n’est pas acquise: le dossier est contesté et le résultat de la procédure judiciaire n’a pas été annoncé.

Effectifs et financement en jeu

Senneville critique les projets de réduction de la taille de l’État défendus par la plupart des grands partis, à l’exception de Québec solidaire. Elle fait valoir que les services publics ont besoin de personnel et cite le manque récurrent d’enseignants à la rentrée scolaire. À ses yeux, les gouvernements devraient d’abord chercher à améliorer l’efficacité des services, avec la contribution des syndicats, avant de déterminer quels postes seraient superflus.

La présidente de la CSN appelle aussi à la prudence dans toute réorganisation de Santé Québec, après plusieurs changements de structure dans le secteur de la santé. Pour les cégeps et les universités, elle réclame un financement stable et prévisible. Elle invoque l’état des bâtiments, le manque de places dans certains établissements et l’incertitude budgétaire qui, selon elle, peut empêcher les institutions de maintenir de nouveaux programmes. Le nouveau gouvernement n’a pas encore détaillé ses réponses à ces demandes.

Cet article s’appuie sur des informations de Le Devoir.

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